Le blog de Jacques Bœsch
Page en cours d’élaboration. Elle accueillera, en fonction de l’actualité, les points de vue et les prises de position de Jacques Bœsch ou des Éditions du Scorpion bleu.
Ailleurs, là-bas
Tout a commencé au moment où mon regard s’est posé de l’autre côté. Émerveillement devant cette prodigieuse énigme, à qui je dois tant. Impossible objet de mon désir. L’improbable du réel, à jamais séparé du lieu où mon corps et ma conscience se recouvrent. Selon ce qu’ils sentent et ressentent. Pensées, dires et traces dynamisent le mouvement de leur contemplation. Situation intérieure qui demande à préciser les relations entretenues. À les aménager afin que leurs formes s’ajustent. Et correspondent. J’accorde à ces corrélations esthétiques une importance déterminante. Car elles dévoilent la singularité d’une manière d’être, un style, un rythme. Des intuitions. Une poétique singulière – ils sont langages, sens et significations. Loin des consensus médiatiques, ils se révèlent volonté d’advenir à soi-même grâce au détour obligé par l’autre, expérience existentielle vitale, émancipation vers plus de liberté, résistance créatrice, impulsion spirituelle, exigence d’humanité. Je veux aussi m’accorder ici à ce plaisir de raconter des histoires concises et simples, dont la clarté et la précision repoussent plus avant, vers l’infini, le mystère. Un vide à combler ? Le simple bonheur d’exister, l’ascèse joyeuse de persévérer en soi.


Oxymore
Comment aborder cette sempiternelle énigme de l’écriture qui, à la fois, réduit un être, une chose, une situation à l’abstraction de la nomination, et les ouvre au monde du sens et de la signification, à la perspective de l’intention et de la jouissance ? Dans son humilité l’auteur assiste à cette tension où la translation littéraire témoigne et crée simultanément de nouvelles relations. La précision à l’autrefois entrevu s’augmente de l’imaginé présentement. La marque laissée s’interprète maintenant à la lumière du désir, de ses écarts. Le convenu est bousculé par le ravissement du plaisir qui n’a de cesse de faire ployer le réel au principe même de sa réalité. Le fil noir de l’écriture de l’auteur illumine son propos subjectif sur la page blanche et tente de dissipes les ténèbres du latent. La vision du contemplatif dévoile d’étranges coïncidences entre sa perception sensible, la faculté de penser, la volonté de dire selon le souffle de son style et à son rythme, la jubilation de donner forme et couleur à la figure créée, le bonheur de partager avec soi et avec d’autres une expérience essentielle en prise directe avec la vie. Raconter sa petite histoire, lire une contribution littéraire, c’est tenter d’éclaircir l’inouï de ce mystère en revivant son incarnation.