Les photographies du violoncelliste Alain Doury intéressent par l’esthétique de leurs atmosphères. Subtile, chaque image propose un climat dont la singularité furtive des éléments se dévoile aux regards attentifs. Car il faut une attention sensible à l’émotion des détails pour saisir le raffinement des tensions légères qui animent de leur intention chaque situation vers sa plénitude. Suggestions nées de ces décalages laconiques, alors que tout à l’air si naturel, normal, habituel, leurs intuitions visuelles font événement. Ces photographies étonnent non par ce qu’elles montrent et documentent, mais par ce qu’elles laissent sous-entendre, les doutes instillés au cœur même de leur composition atmosphérique, par le mouvement fluide de leur musique introspective.
À l’étonnement de l’instant décisif l’auteur ajoute l’intuition intelligente de son regard sensible. Le  cadre de la photographie retient un propos pour le porter à l’admiration. À la méditation. Elle assigne une ligne d’horizon à son prélèvement. Entre-deux, l’espace et le temps privilégiés vont s’ouvrir aux désirs de contempler, aux perspectives de la délibération. Puis partager leur bonheur d’être présents. La puissance d’une photographie tient surtout à la conversation que l’on entretient avec son prétexte visuel. Son épure met au travail notre imaginaire ; et l’harmonie de sa composition va révéler notre style, l’élégance et le bien-être de nos contrées intérieures. Pour nous inviter au récit. Dans la réalité, une photographie ne fait que proposer un cadre à ce qui se tient déjà là, en latence. Elle n’attend que le geste du photographe pour s’affirmer. Et libérer notre parole.
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