Aux premiers jours ensoleillés de ce printemps, par hasard, la rencontre de deux visages lumineux. Plus inattendue, leur superposition. Et leurs re-bonds, sur d’autres visages, jusqu’au mien. Le premier, celui de ce Bouddha du XIIe siècle, contemplé dans le calme de la salle consacrée à la statuaire d’Angkor, au rez-de-chaussée du musée Guimet, à Paris. Figure de grès, impassible, infiniment harmonieuse, déjà transcendante, aux traits fins et réguliers, se détachant seule dans le silence de la pénombre. Un visage tourné vers son au-dedans, hors du temps et de l’espace, immédiatement éternel, symbole de plénitude, manifestation unique et cohérence, abstraction événementielle autonome, lucide et déjà spirituelle. Il se présente à moi comme une expression incarnée, essentielle, presque palpable de vérité et d’accomplissement, immensément profuse d’un sentiment de libération esthétique, d’intégrité philosophique. Absence de regards, eux aussi tournés vers l’intérieur. Les lèvres sont fines, serrées. Il n’y a rien à écouter, tout à entendre. Les mains jointes indiquent que rien n’est à faire, là non plus. Mais à être. Et que la présence de cet être-là ensemble sera opératoire, entièrement suffisante. Son corps de Bouddha, assis en fleur de lotus, s’est revêtu d’un voile presque transparent, laissant apparaître la plénitude de son épanouissement corporel. Cette représentation, exactement incarnée dans une pierre gris clair, au grain mat, fin et régulier, est délicatement éclairée pour qu’elle satine au regard. Elle m’invite à poursuivre mes recherches intérieures. À m’asseoir sur le banc disposé à ....    
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